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Le lâcher-prise, un équilibre entre détachement et confiance.

mercredi, 04 décembre 2019
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Le lâcher-prise est un exercice d'équilibre entre détachement et confiance. Acte de foi, il s'agit aussi d''une liberté à apprivoiser et qui peut nous donner des ailes.

 

"Mais lâche prise !". Le mot est populaire mais un brin irritant, dans un contexte de pression. Cadre trop stressé, mère surmenée, adolescent angoissé, étudiant anxieux, il suffirait de souffler un bon coup pour voir disparaître soucis et autres inquiétudes.

 

Plus la cadence de nos journées est soutenue, plus la volonté de rompre avec ce rythme sera vive. Pour beaucoup, la tension du quotidien exacerbe ce besoin de détente absolue, ce rêve d'un lâcher-prise perçu comme une plage paradisiaque, d'autant plus magnifiée que celui qui la fantasme est immobilisée au bureau derrière son écran. Mais lâcher-prise ne se réduit pas à rompre avec toutes les sources de stress. C'est précisément quand la vie nous échappe, quand le sentiment d'être dépassé nous traverse que lâcher-prise est le plus difficile.

 

Une conscience aiguë de qui nous sommes. 

Le véritable lâcher-prise est affaire d'attention et de concentration paisible, c'est un mouvement lent, ni impétueux ni soudain. Au contraire, cela demande une maîtrise pleine et entière de ce qui nous entoure. 

Tout le monde veut lâcher-prise, mais comment le faire si l'on ne tient pas les choses, si l'on ne touche pas les choses en pleine conscience dans l'ouverture totale du cœur ?"

Plutôt que de rupture, je parle d'un relâchement constant.

C'est grâce à une conscience aiguë de qui nous sommes et de ce que nous voulons vraiment qu'il est possible de lâcher-prise. Lâcher-prise est une invitation à mieux se connaître, à se faire confiance et à croire en soi. Cela suppose une relation bienveillante avec soi-même. Car lâcher-prise se cultive ainsi au travers des actes les plus infimes du quotidien, jusque dans nos pensées les plus secrètes. Par exemple, dans le choix de plus réagir à certaines paroles qui nous touchent, à cesser d'alimenter des habitudes envahissantes comme vérifier toutes les heures ses notifications sur le téléphone. Ou encore de se libérer de l'emprise d'une relation peu épanouissante.

 

Entre effort et relâchement.

D'un point de vue étymologique, lâcher-prise signifie "laisser aller ce qui retient". Le contraire du lâcher-prise serait donc la retenue immobile. Qualités à travailler ensemble qui parlent le mieux du lâcher-prise: la pratique, l'effort et le détachement qui implique aussi l'absence de passions. En apparence, ces deux qualités sont contradictoires mais en fait, l'une ne peut exister sans l'autre. Et c'est de cet équilibre que la sagesse jaillit.

Pour autant, nous ne détenons pas une emprise absolue sur notre activité professionnelle, sur nos proches et sur les événements qui jalonnent notre existence. Lâcher-prise, c'est accepter de ne pas contrôler entièrement sa vie, c'est reconnaître que nous ne sommes pas indispensable, et le monde peut aussi tourner sans nous. Nous ne choisissons ni la famille ou le lieu où nous naissons, ni les personnes que nous rencontrons. Plus tard, ce sont les aléas de la vie, des plus anodins aux plus graves, comme la météo qui compromet des vacances bien méritées, un train annulé après une attente interminable sur un qui, mais aussi un échec professionnel, un licenciement, un divorce ou une disparition soudaine, qui viennent nous rappeler que décidément notre niveau de maîtrise est limité.

 

Dans ces moments difficiles, deux voies s'offrent à nous.

La première, la colère, le blâme, la critique en s'entêtant à trouver tous les moyens possibles pour éviter cette situation. 

La seconde consiste à laisser être les choses, à accepter ce qui est. Il s'agit donc de ne pas se laisser emporter par la sensation de perte, de manque, d'injustice et de revenir à soi, d’arriver à conserver une clarté mentale qui permet de ne pas vouloir s'attacher à la perte et d'aller de l'avant. C'est toute l'oeuvre de mes massages et soins en réflexologie: conserver l’œil intérieur, cet espace de recul, rester dans un état de présence détachée en toutes circonstances, vous apporter un bien-être émotionnel immédiat et durable.

C'est dans cette voie de l'acceptation qu'apparaît une seconde qualité: le détachement, l'absence de passion, qui dans notre langage moderne peut se comprendre par l'expression "lâcher-prise". Loin d'être un acte de soumission ou une faiblesse, lâcher-prise épouse le mouvement de la vie. 

Fin connaisseur de l'Inde pour y avoir séjourné une partie de son enfance, le poète Rudyard Kipling décrit merveilleusement la puissance de lâcher-prise:

 

"Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie.

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir [...]

Tu seras un homme mon fils."

 

Plutôt que de s'attacher à ce qui était prévu, il s'agit de se laisser surprendre et de relâcher les plans, les stratégies et toutes les formes de projections et d'attentes. Peut-être qu'un retard d'avion ou de train peut provoquer de belles rencontres inattendues, qu'un entretien d'embauche qui n'aboutit pas recèle en fait d'autres opportunités. Le détachement est l'idée d'agir de tout son cœur, de déployer des efforts aussi grands que si l'univers entier dépendait de notre effort... tout en acceptant que les fruits de ses actions ne nous appartiennent pas. La voie du milieu est un subtil équilibre, où dans chaque action est insufflée le cœur et la passion puis le détachement. Ce serait comme organiser une fête en y plaçant mille attentions mais sans jamais se sentir responsables de l'humeur des invités, en laissant chacun libre. L'atmosphère peut alors être à la joie ou plus maussade, mais cela ne dépend pas de nous. 

 

Épouser le mouvement de la vie.

Le lâcher-prise est le contraire de la toute-puissance. Contrairement à cette dernière, qui finit par s'asphyxier dans sa propre rigidité, il offre une liberté infinie, un souffle ample et bon, qui vient de la compréhension profonde du sens de l'acceptation. Plutôt que croire dans la maîtrise totale du destin, il s'agit de danser avec le mouvement de la vie, embrasser au lieu de combattre son côté imprévisible, inattendu. Il permet de franchir certaines étapes et de trouver l'élan pour en démarrer d'autres. A la faveur de notre équilibre personnel des aléas de notre expérience de vie, nous avons besoin de ces rythmes, de ces moments de relâchement. Quoi de plus réjouissant que de rompre avec l'extérieur après une longue période de travail pour prendre le temps de se recentrer sur sa famille et ses amis ou sur soi ?

Ce détachement ponctuel nourrit le cours de l'existence, procure de l'espace, il est un acte de confiance envers l'univers. Au contraire des désirs et des peurs qui retiennent, aspirent de l'énergie, emprisonnent le mental, le lâcher-prise, à travers le retour d'un souffle, laisse libre, ouvert et inspiré. Plutôt que de porter sur nos épaules de poids des responsabilités, on se restitue, on prend conscience d'appartenir à un ensemble plus vaste sur notre personne. L'écueil serait de voir dans le détachement comme une petite mort à la vie alors qu'il s'agit d'une foi sans cesse renouvelée, d'un mouvement de reconnaissance et d'appartenance à plus vaste que soi.

 

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